Les jeux coopératifs à la maternelle

Certain des objectifs de la classe de maternelle sont de de favoriser la socialisation des enfants, de développer leur capacité d’observation, et de travailler leur motricité. Voilà pourquoi les jeux coopératifs y sont mis en avant, de manière à préparer les élèves à mieux faire face à leur quotidien (à l’école comme à la maison, ou dans des lieux publics), dans le respect des autres et sans sortir du cadre disciplinaire imposé.

Les jeux coopératifs à la maternelle : qu’est-ce que c’est ?

Les jeux coopératifs trouvent parfaitement leur place dans le monde de l’enseignement, et ce, dès la petite enfance. Ces activités sont en effet pratiquées dans le but de renforcer la solidarité, et d’encourager l‘esprit d’équipe, dans une atmosphère d’amusement total. En d’autres termes, il n’est pas question de dresser les participants les uns contre les autres (comme des adversaires), ni de valoriser le plus fort dans le groupe. Il s’agit plutôt de favoriser l’entraide et d’inciter chaque enfant à donner le meilleur de lui-même, pour assurer la victoire de toute l’équipe et pour que la réussite soit partagée.

À la base, le but des jeux coopératifs est de permettre aux enfants de se divertir et de déployer leur imaginaire à travers des activités de groupe. Mais les principaux objectifs de cette pratique sont surtout de développer le respect des autres et de faire comprendre l’importance de l’interdépendance sur tous les plans.

Les jeux coopératifs sont caractérisés par plusieurs facteurs parmi lesquels :

  • Le plaisir

Un jeu coopératif est avant tout un jeu. Même s’il y a des objectifs à atteindre, le plaisir de se divertir ne doit pas être mis de côté. Pour que la motivation soit toujours au rendez-vous, il faut que les activités se déroulent dans une atmosphère d’amusement et de décontraction totale.

  • La coopération

Par définition, un jeu coopératif implique une coopération. Et qui dit coopération dit équipe. Celle-ci doit savoir communiquer, avoir confiance en tous les membres, et se donner un coup de main à chaque étape du jeu. Aucun travail individuel n’est admis, quelle que soit la difficulté de l’épreuve.

  • L’engagement

Chaque membre du groupe s’engage à prendre part à toutes les activités proposées. Toute l’équipe doit se soumettre aux consignes préalablement citées par l’enseignant, et chacun doit assurer son rôle convenablement pour mener le groupe vers la victoire.

  • L’acceptation

Tous les membres du groupe doivent être acceptés tel qu’ils sont. Il n’est pas question d’éliminer le plus faible, ou de mettre le plus performant en avant pour arriver plus rapidement à destination. Tout le monde doit avancer au même rythme et aucun jugement ne doit être exprimé envers les coéquipiers, ni positif ni négatif.

Les jeux coopératifs, une compétition ?

Les jeux coopératifs sont tout à fait différents des activités compétitives. Dans le cadre d’une compétition, en effet, chaque joueur vise à faire mieux que les autres. Il s’agit donc de la loi du plus fort, là où le plaisir de jouer n’a plus sa place. Cette situation peut occasionner un sentiment de honte, de colère, et de baisse d’estime de soi chez les vaincus, et crée à l’opposé un sentiment de supériorité chez le vainqueur.

Compétition maternelle

En matière de jeux coopératifs par contre, soit tout le monde gagne, soit tout le monde perd. Les échanges et les contacts sont favorisés, toute l’équipe se mobilise pour relever les défis, et les concertations se font naturellement pour l’atteinte de l’objectif commun. Ainsi, au-delà de l’amusement, une amitié se tisse et une complicité s’installe, quel que soit le résultat des jeux.

Comment organiser des jeux coopératifs ?

Il faut comprendre qu’un enfant en maternelle a besoin de temps pour s’immerger dans les activités qui lui sont proposées. Il est donc nécessaire de lui accorder quelques minutes, pour s’habituer à l’espace de jeu, pour découvrir les accessoires à utiliser, et pour comprendre les consignes à suivre. Puis, l’essentiel est de lui faire savoir qu’il est là avant tout pour le plaisir, et non pas pour subir une pression avec des obligations de résultat.

Afin de motiver ainsi les élèves à prendre part activement aux jeux coopératifs, voici quelques techniques de mise en œuvre à adopter :

  • Mettre le maximum de participants sur le même jeu
  • Proposer des jeux aussi variés que possible
  • Planifier une étape de découverte suffisamment longue
  • Structurer l’aire de jeux et classer les objets selon leur utilité
  • Présenter des consignes brèves et faciles à comprendre
  • Expliquer le rôle de chacun pour chaque étape
  • Inverser les rôles de temps en temps (ou laisser chaque enfant jouer différents rôles selon les besoins du jeu)
  • Mettre des mots ou des images sur certains objets pour le plaisir des yeux et pour simplifier l’identification
  • Laisser aux enfants le temps de réfléchir, d’imaginer, et de s’exprimer par ses propres mots et gestes
  • Enrichir régulièrement les activités pour apprendre aux enfants à coordonner leurs actions
  • Prévoir quelques mots de récompense à exprimer à la fin de chaque activité
  • Refaire le jeu plusieurs fois pour assurer une meilleure acquisition

Jeux coopératif : quel rôle pour l’enseignant ?

Jeu coopératif en maternelle : quel rôle pour l'enseignant ?

En tant que premier responsable de votre classe, vous devez tout d’abord aménager un cadre bien sécurisé pour vos élèves. D’une vigilance permanente, soyez toujours prêt à intervenir auprès d’un enfant agressif, tout en rassurant les « victimes » de ce dernier.

Puis, avec des mots facilement compréhensibles, ne vous lassez jamais de répéter les consignes, aussi souvent que nécessaire. Faites-le pour rappeler à vos élèves que le principal objectif reste la réussite du groupe, dans une coopération totale et une parfaite harmonie entre tous les participants.

Et avant de commencer un nouveau jeu, consacrez quelques minutes pour des échanges verbaux concernant l’activité précédente. Laissez à chacun l’occasion de s’exprimer, permettez-leur de raconter leurs émotions durant le jeu (leur peur, leur joie, leur excitation…), puis donnez-leur quelques mots d’encouragement, d’assurance et de félicitations avant qu’ils se remettent à jouer.

Quelques exemples de jeux coopératifs pouvant être proposés à l’école maternelle

Les jeux coopératifs sont largement variés. Cependant, ils doivent être choisis en fonction de l’âge des élèves et de leur capacité de compréhension. Parfois, la superficie de l’aire de jeu peut aussi influencer le choix des activités à proposer. Nous vous proposons 3 exemples de jeux coopératifs que vous pouvez mettre en place dans vos classes de maternelle.

Si vous avez d’autres jeux à suggérer, faites le en commentaire de l’article !

Jeu du chat et de la souris1. Le jeu du chat et des souris

Le principe :

Les souris doivent courir dans tous les sens pour échapper au chat. Si certaines sont attrapées, les autres devront les délivrer.

Le déroulement :

Les enfants sont d’abord répartis dans l’espace de jeu. Un volontaire se propose ensuite pour faire le chat, et tous les autres sont alors des souris. Lorsque le top est donné, la poursuite commence de suite. Les souris touchées par le chat n’ont plus le droit de courir, mais doivent rester immobiles tout en écartant leurs jambes. Pour pouvoir les délivrer, les autres souris encore libres sont obligées de passer entre leurs jambes écartées.

Variantes possibles :

Dépendamment du nombre de participants, il peut y avoir deux ou trois chats. Sinon, les souris attrapées peuvent se mettre en position accroupie, et leurs « sauveteurs » pourront leur taper les mains pour les délivrer.

Maison maternelle2. Le remplissage de la maison

Le principe :

Remplir sa maison avec le plus d’objets possible, dans le respect d’un timing bien déterminé. Il faut à cet effet des petites maisons en carton dont le nombre équivaut au nombre des équipes participantes, sans oublier les petits objets servant à bourrer la maisonnette.

Le déroulement :

Les enfants sont départagés en 3 ou 4 équipes dans leurs maisons respectives (installées aux quatre coins de l’aire de jeu), et tous les objets sont placés au centre. Après le signal, chacun sort de sa maisonnette, court récupérer un objet (un seul à la fois), et ramène ce dernier à l’intérieur avant de partir en reprendre un autre. Une fois le chronomètre arrêté, tous les objets collectés sont comptés pour voir quelle équipe a réussi à remplir sa maison au mieux.

Variantes possibles :

Il est possible d’imposer des couleurs pour chaque groupe. Dans ce cas, les équipes adverses n’ont pas le droit de prendre les objets dont la couleur ne correspond pas à la leur.

Muret légo maternelle3. La construction d’un muret en bois (que l’on appelle parfois « le jeu des maçons »)

Le principe :

Les ouvriers rapportent des briques (des morceaux de bois légers en forme de briques) placées au centre de l’aire de jeu, et les maçons les utilisent pour ériger un mur. Une équipe de 6, par exemple, sera constituée de 3 ouvriers et de 3 maçons.

Le déroulement :

Quand le top est lancé, les ouvriers commencent à ramasser des briques pour les ramener aux maçons. Ces derniers construisent le mur au fur et à mesure que les briques arrivent, et le travail ne prend fin qu’à la fin du chronomètre. Une fois que tout est arrêté, l’enseignant mesure la petite construction afin de savoir quelle équipe a réussi à ériger le mur le plus haut.

Pratiquez-vous des jeux coopératifs en classe ?

D’autres jeux à suggérer ?

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