Le Phénomène Celine Alvarez

Des enfants en difficultés scolaires et malheureux

Qu’est-ce qui a incité Céline Alvarez à réaliser son expérimentation à Gennevilliers, dans une classe maternelle d’une école publique en ZEP (zone d’éducation prioritaire et plan violence) ?

L’indignation.

Elle a entendu parler de ce fameux chiffre, soit que 40 % des enfants sortent chaque année du CM2 avec des difficultés qui sont tellement considérables qu’ils ne pourront pas profiter d’un parcours scolaire normal au collège. Quarante pour cent chaque année, c’est 300 000 enfants qui sont pour ainsi dire sacrifiés. Et on ne parle pas des 60 % d’élèves qui donnent un bon rendement scolaire mais qui ne sont peut-être pas tous aussi heureux et épanouis que nous serions tentés de croire. Quelle en est la cause ?

Céline Alvarez avance comme explication que le système scolaire, tel que nous le connaissons, a été bâti en fonction de certaines idées, valeurs et traditions et non pas sur la connaissance de la vie humaine lorsqu’elle en est à ses premiers balbutiements. Le système scolaire a été implanté sur une base idéologique et non pas scientifique. Pour la jeune femme, c’est l’indicateur, le signal évident qu’on a fait totalement fausse route. Selon elle, avec ce chiffre-là, on aurait tout simplement dû reconnaître qu’on s’est trompé, que l’école ne fonctionne pas, qu’elle doit refaire ses devoirs.

Une femme unique en son genre, une femme de tête et de cœur. C'est l'histoire en bref de Céline Alvarez, linguiste de métier, auteure et conférencière. ...

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Des enseignants au bout du rouleau …

Et ces données inquiétantes concernant les enfants n’incluent pas les professeurs qui souffrent d’épuisement. En effet, comme le système scolaire n’est pas en adéquation avec les mécanismes humains, si les enfants s’échinent à la tâche, il en est de même des enseignants qui se vident de leur énergie. Et tout cela pour un rapport énergie investie/résultats plus que décevant.

« On a besoin d’un lieu où les enfants vivent, pas un lieu où les enfants subissent ». – Un enseignant.

« Je trouve que l’environnement scolaire aujourd’hui est violent ». – Une enseignante.

« On est plus dans un cadre de formatage en fait que d’apprentissage ». – Une enseignante.

Vivement intéressée par les neurosciences, Céline Alvarez explique que l’un des principaux messages que véhiculent ces dernières, c’est que l’être humain est un être d’apprentissage, qui ne peut pas faire autrement que d’apprendre. Réprimer l’envie d’apprendre à un être humain, c’est un acte insensé.

L’être humain est câblé pour apprendre en continu, de la même façon qu’il respire. C’est une notion non négociable. Il est donc incompréhensible pour Céline Alvarez et plutôt étonnant que des statistiques puissent révéler que les enfants n’apprennent pas à l’école, qu’ils ne sont pas heureux.

Cette contradiction l’indigne profondément et elle se questionne : comment se fait-il que personne ne se lève pour dénoncer cette situation ? Comment se fait-il que personne ne dit : stop, nous sommes dans l’erreur, il faut s’arrêter là et s’octroyer une période de réflexion pour revoir le système ? D’autant plus qu’aujourd’hui, nous possédons les outils scientifiques pour à la fois repenser l’école et mesurer les applications pédagogiques qui découlent de la connaissance de la vie humaine. Alors, pourquoi personne ne le fait ?

La Mission de vie de Céline Alvarez

celine alvarez pedagogieBien que d’un côté, elle ne soit pas formée pour mettre l’idée qu’elle a en tête en application mais que de l’autre, elle constate que les choses ne semblent pas vouloir changer, elle décide d’aller de l’avant avec son projet. En 2009, elle passe donc le concours de l’Éducation Nationale pour obtenir une classe expérimentale et essayer d’allumer une lumière.

Son but n’est pas d’être enseignante mais d’infiltrer la machine et obtenir le passeport lui permettant de tester concrètement son idée. Elle demande et obtient une carte blanche pédagogique afin d’être libre de faire vraiment ce qu’elle entend.

En 2011, la classe s’ouvre donc à Gennevilliers et après seulement six mois de mise en application des lois naturelles de l’enfant, des résultats positifs, voire spectaculaires, sont déjà au rendez-vous. En offrant une classe pensée en fonction des besoins connus du développement humain, bon nombre des enfants qui étaient aux prises avec d’importantes difficultés d’apprentissage, de langage, d’attention et/ou de comportement ont non seulement gagné une grande avance scolaire mais aussi développé de grandes valeurs morales et sociales.

Ce succès est si grandiose, massif et inattendu que Céline Alvarez en arrive à la conclusion qu’il ne peut pas émaner d’elle ni des élèves. Selon elle, l’explication réside dans le fait qu’on avait simplement d’un seul coup supprimé tout ce qui nuisait et soutenu ce qui fonctionnait. Ce n’est pas parce que les enfants testés avaient un haut potentiel ignoré jusqu’à ce jour ou que l’enseignante était elle-même surdouée. Elle est d’avis qu’aucun maître ne peut atteindre un tel résultat. C’est seulement les lois de la nature qui ont été respectées et ont pu œuvrer. Le seul rôle des enseignants a été de permettre que la nature fasse tout simplement son travail…

Malgré ces résultats – ou à cause de ces résultats – dépassant toutes attentes, Céline Alvarez a été « poussée avec un coup de pied aux fesses » de l’Éducation Nationale. Mais elle ne s’en plaint pas. « C’était la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Parce que j’ai gagné une liberté qui me permet aujourd’hui de restituer tout ce qu’on a pu faire à Gennevilliers ».

Comment ? Quand elle a senti le vent tourner la dernière année, elle a pris une caméra professionnelle et a filmé pendant un an tout le travail qu’elle et son équipe faisait avec les enfants. Elle se retrouve donc aujourd’hui avec beaucoup de matériel qui lui donne l’opportunité d’expliquer étape par étape aux adultes sa façon de procéder avec les enfants et leur démontrer, preuves à l’appui, qu’il n’y a pas de magie. Il suffit de laisser l’enfant faire ses propres expériences, travailler avec ses mains pour pouvoir participer à la vie active de la classe. Un environnement vivant, humain et multi-âges a été créé au sein duquel les enfants peuvent choisir leurs activités et peuvent s’y adonner autant de temps qu’ils le souhaitent.

celine alvarez classe alternative

Mais s’il y a un secret à révéler, c’est le suivant. Chaque enfant a été accompagné de façon individuelle dans une relation de confiance et d’amour – même si ce n’est pas un mot qu’on utilise beaucoup dans le domaine de l’éducation – en utilisant un ton ferme quand il le fallait mais toujours avec une foi solide et sereine en ses capacités.

Ce qui a été retranché, ce qui a été empêché d’exister, c’est le stress. Toute situation de stress a été gérée de façon à en libérer l’enfant car, on le sait, le stress bloque l’apprentissage.

Son site Internet renferme tout le matériel intellectuel pédagogique qu’elle met gratuitement à la disposition des adultes français et de tout autre coin de la planète, enseignants et parents notamment. Elle souhaite que tout ce matériel, qui peut potentiellement changer les choses, soit accessible, d’une belle qualité et hautement inspirant.

« Dès qu’on commence en fait à mettre en place ce type d’activités et cette approche en fait dans la classe, le succès attire le succès, on voit tout de suite des enfants qui sont heureux. Et pour moi aussi, je me dis, quand je passe dans cette approche, je ne suis pas stressée, c’est un vrai bonheur d’apprendre et de venir parce que c’est un cercle, comme elle [Céline Alvarez] l’expliquait, c’est vraiment un cercle vertueux où tout le monde est content d’être là finalement ». – Une enseignante.

« La flamme, on l’avait toutes. Elle était juste un peu éteinte peut-être ». – Une enseignante.

« Il y a un levier, il y a un instant où vous percevez, vous saisissez, où vous le mettez sur la voie et ce n’est même plus une voie, c’est une rampe de lancement ». – Un parent.

« Je vais lui dire, il n’y a pas d’école aujourd’hui, elle va pleurer, elle va me réveiller, elle va venir me chercher dans mon lit, me dire maman, il faut aller à l’école. Par exemple, si la maîtresse est absente aujourd’hui, elle va commencer à pleurer, je suis obligée de mentir, lui dire Yasmine, l’école est fermée, il n’y a personne aujourd’hui, tu ne peux pas aller à l’école. Elle va pleurer, vraiment elle va pleurer ». – Un parent.

À la question : « L’expérience s’arrête pour le moment. La classe doit fermer à la rentrée. Qu’en pensez-vous ? », des parents déçus ont répondu :

« C’est une erreur. C’est surtout un énorme gâchis et un gros scandale ».

« Quand une expérience marche, généralement on la soutient, on l’appuie. C’est une grande incompréhension de notre part ».

La motivation : la clé de la voûte de la pédagogie façon Alvarez

« L’être humain n’apprend pas ce qui ne le motive pas » fait partie des affirmations clés de Céline Alvarez.

Tant et aussi longtemps qu’on le force à tenter d’approfondir un sujet qui se situe loin de ses intérêts, il ne peut pas apprendre. Il a été scientifiquement démontré qu’en l’absence de toute motivation, les zones de la mémoire ne s’activent pas ou alors très faiblement. Ce qui signifie que nous devons rendre les enfants autonomes pour qu’ils soient en mesure de choisir individuellement les activités qui suscitent le plus leur intérêt, dans un environnement structuré évidemment.

Les neufs grands principes des lois naturelles de l’enfant

1 – La plasticité cérébrale

De la naissance à cinq ans, l’être humain possède une intelligence plastique, c’est-à-dire que son cerveau va se câbler en fonction de ce qui se trouve dans son environnement. Ce qui signifie qu’entre zéro et cinq ans, l’être humain doit être dans un environnement riche, de qualité puisque tout ce qu’il va y percevoir s’ancre de façon instantanée et parfaite. Mais cela signifie aussi que tout le négatif qu’il y perçoit s’ancre de la même manière. C’est comme un cliché qui s’imprime à l’intérieur du cerveau sans devoir fournir aucun effort.

Cette intelligence plastique se poursuit à l’âge adulte – avec une période de déclin à l’adolescence – mais elle exige de l’effort, de la répétition, de la rigueur. Alors que chez l’enfant, il lui suffit pour apprendre de vivre, simplement d’être actif. Et comment cette activité peut-elle porter fruit ? En permettant au petit de faire ses propres expériences, en étant engagé et en prenant plaisir à effectuer ses tâches quotidiennes. Il faut en outre qu’il puisse bénéficier de l’étayage de l’autre mais un étayage qui ne soit pas contraignant, qui accompagne et qui s’efface en temps opportun.

2- Les quatre règles d’or de Céline Alvarez

#1 Exemplaire, tu seras.

Si nous voulons que les enfants acquièrent des comportements qui soient conformes aux règles du savoir-être et du bien vivre ensemble, il faut en tant qu’adultes prendre pleinement conscience de nos gestes, paroles et attitudes et agir selon ce que nous prônons. Parce que les petits possèdent un mécanisme cérébral qui s’apparente à une éponge, qui se structure à partir de ses perceptions, faire soi-même ce que l’on attend d’eux n’est pas optionnel mais impératif.

#2 La démonstration, tu feras.

Adopter soi-même le comportement que l’on souhaite voir calquer par l’enfant, c’est bien mais il faut aller encore plus loin : lui montrer explicitement. Une démonstration des gestes à reproduire, claire, précise, silencieuse, effectuée étape par étape doit être réalisée pour que l’enfant enregistre et répète l’expérience en vue de l’affermissement des circuits cérébraux fraîchement créés.

#3 La démonstration, plusieurs fois, tu feras.

Ce raffermissement des circuits cérébraux n’est pas immédiat. Il faut du temps et de la pratique pour que ces connexions cérébrales convertissent les expériences vécues en acquis stables et pérennes. Mais pour atteindre ce but, l’accompagnateur doit faire preuve de patience et de lâcher prise.

#4 Le mélange des âges, tu vénéreras.

Le cerveau en pleine maturation est gourmand. Il requiert non seulement une quantité considérable de nourriture intellectuelle mais cet apport doit provenir de sources aptes à la lui fournir. Les chances pour un jeune enfant de développer ses pleines capacités aux côtés d’autres enfants du même âge ou d’un seul et même enseignant sont limitées.

Le concept de la classe multi-âges favorise l’interaction et l’entraide entre grands et petits. Le fait de placer de jeunes enfants dans un environnement où ils côtoient des enfants plus âgés, qui ont déjà acquis les aptitudes à transmettre aux plus jeunes, donne d’excellents résultats. Les petits profitent ainsi de toute une classe d’enseignants, tous plus engagés les uns que les autres à leur transmettre leur savoir, dans un cadre stimulant et dynamique.

3 – All you need is love

pedagogie alternative celine alvarez

Les deux premières années de la vie d’un bambin a un sérieux impact sur son développement cognitif futur. Le jeune explorateur a besoin d’emmagasiner dans son cerveau toutes les expériences dont il prend part et c’est très bien ainsi. Mais c’est encore mieux s’il peut vivre ces expériences sous l’attention bienveillante des personnes qui interviennent auprès de lui. Il a besoin, pendant cette étape de développement continu, de se sentir soutenu dans sa découverte du monde.

La présence forte à l’enfant pour son bon développement est essentielle, voire déterminante, pendant ces deux premières années de vie où tout se joue. Le fait de pouvoir évoluer dans un environnement paisible et affable durant ses années de maturation cérébrale le protège contre les carences cognitives.

Car bien que programmé pour apprendre, l’être humain est d’abord et avant tout un être de relation. Ainsi, le lien social qui nous lie à nos semblables est le noyau central de la construction de notre intelligence. La mise en application de cette loi de la vie assure l’éclosion de notre plein potentiel cognitif et relationnel.

4 – Les fonctions exécutives

Les fonctions exécutives, ce sont les fonctions essentielles de notre intelligence. Lorsque nous souhaitons réaliser une tâche quelle qu’elle soit, trois compétences dites exécutives entrent en jeu. D’abord, la mémoire de travail, pour la mémorisation à court terme et l’organisation de l’information. Puis, un bon contrôle inhibiteur, qui permet de renforcer la concentration et de contrôler notre comportement. Enfin, la flexibilité cognitive, qui invite à la créativité et à l’adaptation de nos stratégies en cas d’erreur.

De nombreuses études révèlent que lorsque nos fonctions exécutives donnent leur plein rendement, il est plus facile d’atteindre les objectifs que nous nous fixons dans la vie. Des fonctions exécutives bien développées seraient même plus profitables qu’un quotient intellectuel élevé pour assurer notre réussite.

Entre 3 et 5 ans, l’enfant développe ces fonctions exécutives à vitesse grand V. Elles lui permettent de mener à bien toutes les tâches qu’il entreprend, d’obtenir de meilleures performances scolaires et devenu adulte, de profiter d’une existence plus gratifiante. Par conséquent, il faut l’aider à les développer en tout premier lieu, bien avant l’apprentissage d’autres compétences. Comment faire ? En amenant peu à peu l’enfant vers une autonomie mieux maîtrisée, à lui apprendre à faire seul. Il n’y a que lui qui peut développer son intelligence exécutive, l’adulte n’est à ses côtés que pour l’accompagner.

5 – Être autonome

Selon le modèle pédagogique imaginé par Céline Alvarez, l’environnement tout entier favorise l’autonomie progressive des élèves et ce, du début jusqu’à la toute fin de la journée de classe. Du matin jusqu’au soir donc, il sont invités à faire leur choix parmi les activités qui leur sont présentées au préalable et à les réaliser aussi souvent et aussi longtemps qu’ils le veulent.

Le fait de réaliser leurs activités en toute autonomie dans un cadre structuré et rassurant permet aux enfants de développer leurs fonctions exécutives et en particulier leur mémoire de travail. Et comme nous l’avons vu précédemment, maîtriser efficacement nos fonctions exécutives facilite à la fois les apprentissages fondamentaux et l’acquisition de qualités sociales. Rendre les enfants autonomes, c’est leur permettre en outre de réaliser les expériences dont ils ont besoin au jour le jour.

« Au-delà de la connaissance, au-delà du fait de savoir lire, c’est qu’il a une confiance en lui, c’est incroyable. Il va y aller tout seul ». – Un parent

classe flexible celine alvarez

6 – Réorganiser la classe

L’espace le mieux adapté aux jeunes enfants qui se développent consiste en un espace ouvert et décloisonné pour favoriser leur liberté, leur autonomie et leur sociabilité.

Selon Céline Alvarez les trois principaux paramètres qui doivent être pris en considération pour le bien-être des tout-petits et de leurs enseignants sont :  l’ordre, l’ameublement et la décoration.

« Moi, ce que j’ai apprécié, c’est le côté extrêmement organisé et très rigoureux et très méthodique et très rangé ». – Un parent.

7 – Matériel didactique

Les matériels didactiques choisis et mis à la disposition des élèves ont été, en grande partie, élaborés par les docteurs Jean Itard, Edmond Séguin et Maria Montessori. Outils d’accompagnement reconnus pour leur efficacité, leur clarté cognitive, leur progressivité cohérente et leurs qualités visuelles, ils contribuent à guider les jeunes apprenants dans leur quête d’un plus haut degré d’autonomie et de culture.

La methode Montessori connaît depuis quelque temps un regain d'intérêt. Elle attire de plus en plus de parents en quête d’un enseignement alternatif de ...

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La proposition d’activités est vaste mais favorise surtout la qualité. Cette sélection d’activités,

  • Activités pratiques (faire et défaire des nœuds, visser et dévisser des boulons, plier du papier,…);
  • Affinement des sens (boîte à bruits, cylindres de couleur, tablettes thermiques,…);
  • Géométrie (cabinet de géométrie, arche romane, figures superposées,…);
  • Géographie (globe de la terre et de l’eau, planisphère, puzzle des continents…);
  • Mathématiques (numérotation de 1 à 100, plateau des opérations, tableau de l’addition,…);
  • Écriture (plateau de coloriage de mandalas, formes à dessins, petits cahiers lignés,…);
  • Lecture (alphabet mobile, graphèmes rugueux, messages écrits,…);
  • Activités plastiques (plateau d’argile, origami, chevalet de peinture,…),…

constitue une base pour les enfants âgés de 3 à 5 ans mais peut être enrichie en fonction des centres d’intérêts des enseignants et ceux de leurs élèves.

8 – Les différentes étapes de l’installation

Il y a différentes phases qui permettent d’instaurer un fonctionnement de classe basé sur l’autonomie des élèves de façon sereine et sans précipitation.

Phase de transition – Continuation des ateliers traditionnels avec en parallèle du temps d’autonomie. Il s’agit en quelque sorte d’une phase de cohabitation entre deux fonctionnements en vue d’un cheminement progressif vers l’entière autonomie des enfants. Choix du matériel didactique.

Année 0 – Terminé les ateliers collectifs traditionnels, la classe fonctionne exclusivement au libre choix d’activités.

Année 1 – Étape de stabilisation du fonctionnement mis en place à l’année 0. La classe est à présent constituée de trois niveaux d’âge et le matériel didactique est disponible, en partie ou en totalité. L’aménagement de la classe s’amorce, soit l’installation dans la pièce de meubles bas (étagères, bibliothèques, tables,…) regroupés par thèmes.

9 – L’essentiel pour démarrer

La tâche prioritaire, la plus importante, c’est d’apporter son soutien à l’enfant dans l’apprentissage de son autonomie. Un enfant autonome est apte à se fixer des objectifs et à les atteindre, sait reconnaître les activités constructives pour lui, est capable d’évaluer par lui-même la qualité de réalisation de ses tâches et a les compétences requises pour trouver les solutions à ses difficultés.

« Ranger sa chambre mais vraiment bien ranger. Même moi parfois le matin quand je fais son lit et s’il n’est pas bien fait, alors elle passe derrière ». – Un parent.

Mais pour parvenir à être autonome, l’enfant a besoin de la présence, de l’énergie de son enseignant. Ce dernier doit donc disposer de fonctions exécutives opérationnelles : mémoire de travail, flexibilité cognitive, contrôle inhibiteur. Pour ce faire, il doit prendre soin de lui pour que l’aide qu’il apporte aux enfants leur soit salutaire.

Le soutien d’un allié pour que l’aventure soit et demeure passionnante est très important aussi. À partir de l’étape de fonctionnement pleinement autonome des enfants, la présence d’un assistant est capitale.

Le dernier point essentiel pour bien démarrer l’expérience de la méthode Céline Alvarez est de veiller à aménager et à organiser convenablement l’espace mis à la disposition des enfants. Un espace désordonné nuit considérablement à l’apprentissage de l’autonomie des petits.

Les lois naturelles de l’enfant : le livre

Céline Alvarez a gagné son pari. Au terme de son expérience à Gennevilliers, en respectant les lois naturelles de l’enfant, elle a obtenu des résultats exceptionnels qui ont confondu les sceptiques. À la fin de la deuxième année, tous les élèves de grande section et la quasi-totalité de moyenne section savaient lire et compter. Ils avaient en outre acquis de grandes qualités morales et sociales.

Le livre Les lois naturelles de l’enfant qu’a écrit Céline Alvarez nous fait découvrir l’enfant sous un autre angle. Il nous donne matière à réflexion quant à notre conception de son éducation à l’école et à la maison. La connaissance et la mise en application de ces lois pourraient-elles dans un futur proche révolutionner l’éducation ? Tous les espoirs sont permis…

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