Celine Alvarez : les critiques !

Céline Alvarez : pourquoi se fait-elle critiquer ?

Que s’est-il passé pour qu’on tourne le dos à une personne qu’on a jadis portée aux nues ? Pourquoi Céline Alvarez, linguiste, auteure et conférencière est-elle aujourd’hui la cible d’autant de critiques après avoir connu la célébrité ? Analyse d’un phénomène fort étrange.

Une approche pédagogique originale, singulière, captivante

celine alvarez methode pedagogique

Quarante pour cent des élèves terminent leur CM2 avec des lacunes importantes qui les empêcheront sans doute de suivre un parcours normal au collège. Pourquoi ? Parce que le système éducatif actuel ne tient pas compte des mécanismes naturels de l’apprentissage humain et n’intègre pas les dernières découvertes qui ont trait au domaine des sciences cognitives. Ce constat n’est pas sans causer une profonde indignation chez Céline Alvarez.

Sa mission lui apparaît dès lors limpide : développer une approche qui prend en compte les mécanismes d’apprentissage et de développement de façon optimale. Linguiste de formation, elle décide en 2009 de passer le concours de professeur des écoles en candidat libre. Pas pour enseigner mais pour infiltrer le système et tenter de faire bouger les choses, d’allumer une lumière de l’intérieur. Elle demande et obtient un entretien avec le conseiller du ministre de l’Éducation nationale. Convaincu par son discours, le conseiller accède à sa requête et les conditions qu’elle demande lui sont accordées, en plus d’une carte blanche pédagogique. En septembre 2011, elle intègre l’école maternelle Jean-Lurçat de Gennevilliers (ZEP) et l’expérimentation débute.

Céline Alvarez est d’avis qu’il est essentiel de nourrir l’intelligence plastique de l’enfant en lui offrant un environnement de haute qualité, riche et dynamique, à l’intérieur duquel il est libre de réaliser les activités qui suscitent le plus son intérêt. L’enfant possède un million de milliard de connexions de neurones, soit dix fois plus que le réseau Internet mondial. Il lui suffit de vivre et d’explorer librement le monde pour apprendre en accéléré. Il ne peut pas ne pas apprendre. Apprendre pour lui, c’est comme respirer.

L’engagement actif, l’étayage de l’autre et le mélange des âges sont trois éléments fondamentaux de l’apprentissage, sans oublier l’amour, le lien, la confiance en soi, le sentiment de liberté, le sens, l’esprit d’initiative et l’empathie. Il y avait des enfants dont l’âge variait entre trois et six ans dans la classe de Céline Alvarez. Ces petits se déplaçaient librement, pouvaient explorer à leur guise, se tromper et répéter autant de fois que nécessaire. « Les enfants ne faisaient pas ce qu’ils voulaient mais ils voulaient ce qu’ils faisaient », se plaisait à dire l’enseignante.

Le rôle des adultes dans cet apprentissage, particulièrement celui des enseignants et des parents, est d’être au fait en somme des lois naturelles de l’enfant pour ne pas, pour ne plus les court-circuiter.

Des progrès remarquables, des résultats concluants

Celine Alvarez : les Maternelles

« Mon objectif était de proposer un environnement fondé sur les grands principes d’épanouissement de l’être humain, grâce à l’apport des neurosciences et des travaux de Maria Montessori », déclare la jeune femme.

Après avoir aménagé sa classe en ateliers d’apprentissage, Céline Alvarez invite ses élèves à les investir à leur guise. Ils peuvent, lorsqu’ils en ressentent le besoin solliciter l’aide de l’enseignante s’ils souhaitent éclaircir un procédé ou simplement évoluer dans leur apprentissage. Proposés de manière sensorielle et progressive, ces ateliers retiennent fortement l’attention des enfants, qui peuvent rester concentrés sur une activité pendant plus d’une heure jusqu’à sa maîtrise parfaite. Par ailleurs, en plus de pouvoir compter sur le soutien de l’institutrice, les enfants s’entraident spontanément.

Les parents, la majorité d’entre eux d’abord sceptiques, sont très rapidement séduits devant les progrès de leurs enfants pour la majorité issus de milieux défavorisés. Ils observent chez eux une meilleure capacité d’attention, un développement de leur autonomie, une plus grande confiance en leurs capacités, une façon plus précise de communiquer, une attitude plus sereine envers leurs pairs et les adultes. Qui plus est, plusieurs d’entre eux maîtrisent la lecture avec un ou deux ans d’avance et prennent un réel plaisir à compter.

Des enfants en difficultés scolaires et malheureux Qu'est-ce qui a incité Céline Alvarez à réaliser son expérimentation à Gennevilliers, dans une classe ...

Les méthodes et outils élaborés par Céline Alvarez sont validés par les chercheurs du Centre national de la recherche scientifique de Grenoble, qui la suivent dans son expérimentation. Leur conclusion ne laisse pas de place à l’interprétation : ces enfants progressent plus vite que la moyenne.

Terminus pour Céline Alvarez

Durant les trois années que dure le projet de Céline Alvarez, c’est le silence radio de la part du ministère de l’Éducation nationale. On ne lui demande aucun compte, n’établit aucun suivi auprès d’elle, personne ne la convoque en entretien, on ne visite pas ses locaux. Mais comme les résultats parlent d’eux-mêmes, elle garde espoir de pouvoir reproduire son expérience à plus grande échelle. Après tout, pas de nouvelles, bonnes nouvelles, si ?

Mais l’expérimentation s’arrêtera là. Le plus difficile à comprendre et à accepter pour l’enseignante, c’est que personne n’est capable de lui expliquer la raison de la fin brutale du projet. Mais elle sait dans son for intérieur que rien n’est dit parce que les raisons sont indicibles…

Celine Alvarez - Les lois naturelles de l'enfant

Céline Alvarez a développé un site Web où une mine d’informations ainsi que les outils pédagogiques qui ont servi à soutenir son expérience sont mis à la disposition des enseignants. Elle a aussi écrit et publié un essai intitulé Les lois naturelles de l’enfant qui reprend les grands principes de ses travaux. Elle garde toujours l’espoir de révolutionner l’école de demain…

Après le beau temps, la pluie pour Céline Alvarez

Alors qu’on a longtemps juré que par elle, voilà qu’on dénigre sans subtilité Céline Alvarez et surtout le travail qu’elle a réalisé auprès d’élèves qui faisaient leurs premiers pas dans le merveilleux monde de l’éducation. Que s’est-il passé ?

Première critique : manque de communication

La première ombre au tableau fut très certainement le manque de communication entre le ministère de l’Éducation nationale et le corps professoral où a lieu l’expérimentation. Qui est cette enseignante qui chamboule l’aménagement de la classe, qui travaille autrement, avec d’autres outils, qui a des demandes particulières? Même les parents sont désorientés, sceptiques quant à la nouvelle approche que suggère Céline Alvarez. Mais où sont donc passés les jouets tant appréciés des petits ?

Deuxième critique : j’ai la solution, la voici

Les enseignants déplorent que les idées que Céline Alvarez propose dans son ouvrage sont présentées comme des solutions miracle, des idées qui d’un seul coup peuvent régler les problèmes de l’école. On lui reproche de défendre sa « méthode » comme étant LA solution.

Troisième critique : réussite d’une expérience reposant sur l’accès à des moyens importants

Bon nombre d’enseignants sont frustrés et agacés de constater que Céline Alvarez accède à la popularité et à la notoriété pour une « méthode » qu’elle a été en mesure de mettre en place grâce aux moyens dont elle a disposés et auxquels eux n’ont pas accès : 24 élèves de maternelle et pas un de plus, une assistante d’éducation Atsem à temps plein, du matériel pédagogique coûteux disponible à la demande,… « Les suppressions de poste et de budget des années 2009-2012 ne la concernaient pas ».

Quatrième critique : création d’attentes de la part des parents auxquelles le système scolaire actuel ne peut répondre

Parent Montessori

Le départ de Céline Alvarez a laissé des traces. Les parents de toute la France veulent à présent que leurs enfants puissent intégrer une classe comme celle de Céline Alvarez parce qu’ils sont au fait des résultats réjouissants obtenus dans cette classe expérimentale.

« L’expérience a finalement été clivante, car les parents sont en demande d’une chose qu’on n’est pas en mesure de leur apporter. L’Éducation nationale n’a pas préparé ce projet proprement, cela ne pouvait que créer des tensions ». – Richard Merra, maire-adjoint à l’enseignement, mairie de Gennevilliers

Cinquième critique : critiques envers les enseignants

Certains déplorent que pour mettre en valeur son expérience, elle montre du doigt l’école publique et fait passer les enseignants pour des victimes, des incompétents ou encore des ignorants.

Sixième critique : un travail isolé qui ne colle pas à la réalité

« […] Mais elle omet de prendre en compte que le travail des enseignants ne se fait pas de manière totalement isolée et que l’école c’est aussi des équipes pédagogiques, des collègues justement ». – Louise Tourret, journaliste

« […] notamment parce qu’elle ne partageait pas les tâches avec ses collègues, puisqu’elle n’avait pas le même rythme qu’eux […] » – Richard Merra, maire-adjoint à l’enseignement, mairie de Gennevilliers

Septième critique : halte aux contes de fées

« […] car pour changer un système éducatif il ne s’agit plus vraiment des lois naturelles de l’enfant et ça n’envoie pas du rêve mais il faut faire des choix stratégiques […] et budgétaires. À l’école on m’a appris que ça s’appelait la politique ». Louise Tourret, journaliste

« Quoi qu’en pense Céline Alvarez, l’esprit d’initiative, la coopération, l’autonomie et les bons sentiments ne suffisent pas pour éduquer un enfant et encore moins pour l’instruire. La potentialité de la raison est en tout homme, mais son développement n’a rien de spontané ou de « naturel ». Pour qu’elle émerge chez l’enfant et se substitue à la pensée magique, le « petit d’homme » a besoin d’un guide pour sortir de ses représentations enfantines. Chez l’élève, l’acte d’apprendre est un bonheur mais également un arrachement. Il est nécessaire qu’un adulte alimente sa curiosité et aille au-delà de cette attente. Céline Alvarez nous promet du « naturel », du « scientifique » et du « révolutionnaire », ce qui satisfait aussi bien les bobos écolos que les progressistes scientistes ». – Thierry Venot, enseignant et auteur

Huitième critique : profiter d’un tremplin pour vendre son bouquin

« […] une kyrielle d’invitations à diverses conférences témoignent moins d’un enthousiasme universel que d’un plan com très maîtrisé, bien au-delà de ce qu’un auteur publié chez un petit éditeur peut attendre par lui-même. Y aurait-il derrière ce livre […] une opération très bien préparée ? » Jean-Paul Brighelli, enseignant et auteur

Neuvième critique : sa méthode et son livre : rien de nouveau sous le soleil

Les détracteurs de Céline Alvarez affirment que son livre ne serait qu’une réécriture de la méthode Montessori, pédagogie italienne vieille de plus de 100 ans.

« De quoi s’agit-il ? De recycler la méthode Montessori (vieille de plus d’un siècle) en y ajoutant les acquis douteux des sciences cognitives […] »

[…] « juste la sidération de voir plébiscitées par les médias des méthodes archiconnues […] et qui sont la plupart du temps prodiguées dans des établissements privés au ticket d’entrée à 600 euros par mois. » Jean-Paul Brighelli, enseignant et auteur

Dixième critique : manque de données scientifiques

« [Céline Alvarez] décrit son expérience de trois ans avec beaucoup de naïveté et de bons sentiments, d’affirmations non étayées, ce qui du coup ne fait pas très sérieux ». – Stéphanie De Vanssay, conseillère technique au secteur éducation du syndicat SE-Unsa

Onzième critique : le profil personnel de la principale intéressée

Céline Alvarez est âgée d’à peine 35 ans. Elle est une femme. Elle a un joli minois. Elle possède une allure aux premiers abords fragile, avec sa douce voix, sa délicatesse naturelle et son attitude introvertie. Mais elle semble posséder un fort caractère et une audace à toute épreuve. Une main de fer dans un gant de velours… Un profil physique et personnel en somme qui prend tout le monde par surprise, qui détruit les repères habituels des femmes et des hommes…

Elle est originale, charismatique, un brin rebelle et se distingue par sa capacité d’innovation. Or, il est rare que les innovateurs soient bien perçus… et bienvenus. Surtout quand on est âgée d’à peine 35 ans, qu’on est une femme et qu’on a un joli minois.

Elle est dotée d’une intelligence vive (probablement HP), ce qui la distancie encore plus de ses semblables. Elle a sans doute imaginé une approche éducative dont elle aurait aimé bénéficié elle-même durant son parcours scolaire, une approche qui aurait mis davantage en lumière ses facultés intellectuelles. Elle s’est ennuyé ferme à l’école.

Une femme unique en son genre, une femme de tête et de cœur. C'est l'histoire en bref de Céline Alvarez, linguiste de métier, auteure et conférencière. ...

Même avec une connaissance au départ très peu poussée du monde de l’éducation (ce n’est pas son domaine), elle a réussi en peu de temps à présenter un projet intéressant, perfectible certes, mais intéressant. Qu’aurait-elle sorti de ses cartons avec une expérience de 15 ans dans le métier ?

Douzième critique : crainte que le succès rencontré émane de la principale intéressée

Si le projet pédagogique imaginé par Céline Alvarez était reproduit à grande échelle, les hauts dirigeants et les enseignants craignent peut-être de ne pas connaître le succès aussi spectaculaire qu’a connu l’éphémère enseignante… puisque ce succès émane probablement d’elle seule… Mieux vaut alors ne pas reconduire le projet plutôt que subir la honte de la défaite au profit d’une jeune dame qui aime les contes de fées…

Votre avis sur Céline Alvarez ? 

Avez vous lu son livre ? 

Appliquez-vous ses méthodes en classe ? 

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18 Commentaires
  1. Le jour ou l’éducation nationale acceptera de se mettre en cause, on ira en corse en patins à glace!

  2. Ces critiques, que je trouve pour la plupart consternantes et empreintes du plus détestable ressentiment humain, la jalousie, évaluées au regard de « réussite éclatante » de notre système éducatif, tombent une à une après l’année passée en Belgique et à la lumière des derniers enseignements des neurosciences que Montessori ne pouvait pas connaître.
    Oui, il faut tout changer et pas seulement en maternelle.

  3. Ca vole bas. Heureusement les gens vraiment curieux iront voir par eux-mêmes. Internet est là opur ça.

  4. Donc à vous lire tout va bien dans nos écoles… quelle pimbêche celle-ci qui essaie de faire differemment et en plus cela fonctionne mais quel culot!

  5. Quand je vois dans l’article de Libération du 4/09/2019, la remarque de François DUBET sur «l’effet maître» qui aurait une influence sur la réussite des enfants « dès l’instant que l’équipe d’enseignants est très active et mobilisée, qu’importe la méthode utilisée », je suis très inquiète sur l’engagement très actif et mobilisé des enseignants, aux regards des résultats obtenus avec 40 % des enfants en difficulté à l’entrée en 6e alors qu’ils viennent de passer 8 ans à l’école publique. Cette remarque fait beaucoup de tort à nos enseignants.
    Quand je vois Philippe MEIRIEU décaler qu’ « Alvarez est porteuse d’une idéologie qui ne met pas au premier plan la construction du citoyen éclairé, critique, dans une cité démocratique », les bras m’en tombent. La maîtrise de la lecture n’est-elle pas une des voies majeures pour développer sa pensée ? La gestion des conflits entre enfants en réduisant les tendances belliqueuses en présence ne facilite-t-elle pas la vie en démocratie ?
    Quand j’ai entendu Laurence de COCK dans une conférence dire que l’expérience pédagogique de Gennevilliers était « l’expérience d’une école privée dans une école publique », cela n’a aucun sens.
    Que propose toutes ces personnes pour la réussite de tous nos enfants. Cela fait des années qu’ils cherchent, qu’ils analysent… pour quel résultat probant sur les acquis des fondamentaux qui permettent d’être des citoyens.

  6. N’importe quel parent voudrait que son enfant soit dans une classe qui applique les principes dont parle Céline Alvarez. Qu’est ce qu’attend l’Education Nationale pour permettre aux professeurs que ça intéresse de s’y mettre ? Qu’est ce qu’on a à perdre ? La France est au plus bas dans les estimations internationales. Ça dérange qui ? Quels syndicats ? Quel establishment ? Ceux dont les enfants se tirent pas trop mal du jeu ? Et tant pis pour les autres, on ne change rien

  7. J’ai découvert Céline Alvarez , hier soir à l’émission de L.Ruquier . La réaction des 2 journalistes chroniqueurs , plutôt « agressive » de la part de Mr Besson et le sang froid avec lequel Céline Alvarez a répondu m’ont convaincu de la qualité de son travail et de sa sincérité quant à son objectif de « changer le monde » . A l’écoute attentive de ce qu’elle a dit , il est clair qu’il ne s’agit pas d’une méthode mais d’une posture à acquérir en tant qu’enseignants , formateurs , éducateurs et parents . Cette posture n’est pas facile à expliquer lorsqu’on ne l’a pas soi même vécue en tant qu’enfant ou expérimentée en tant qu’adulte . A travers la connaissance des pédagogues tels que :
    Francisco Ferrer ( 1859-1909) Maria Montessori ( 1870-1952) Célestin Freinet ( 1896-1966) on retrouve le sens des propos de Céline Alvarez , éclairés par les derniers enseignements des neurosciences ( qui comme le souligne C.Pasco n’étaient pas connues à l’époque ) :
    – Une pédagogie active : Accompagner ( = faire avec ) les fonctions exécutives de l’enfant ( faire ces lacets …) à travers des activités « engageantes » ( choisies par l’enfant ) pour acquérir une autonomie globale relationnelle : se concentrer , persévérer ….
    – Transmettre les valeurs de solidarité , coopération , entraide et responsabilité .
    Et ce n’est pas qu’une question de moyens ( même si 1 enseignant / 25 élèves en classe maternelle est un aberration ) tout peut être objet d’apprentissage dans l’environnement de l’enfant .
    Donc pour conclure , je reviens sur l’idée de posture ( plutôt que méthode ) , c’est donné du temps au temps à l’enfant pour qu’il avance à son rythme avant d’apprendre à lire , compter , écrire mais aussi aux enseignants pour qu’ils puissent au sein d’une même école échanger sur leurs pratiques , observations , partager des expériences et se sentir solidaires pour une pédagogie active ( non pour des droits acquis ) dans laquelle chacun s’épanouira sans s’épuiser à la tâche .
    J’ai relevé une chose qui me semble essentielle dans ce qu’a décrit Céline Alvarez sur les conférences menées en Belgique : c’est que les enseignants participaient à ces travaux hors temps de travail , le WE , les petites vacances …. et qu’elle même intervenait souvent bénévolement ! Ai je rêvé ?

  8. J ai suivi ses conseils et j ai retrouvé de la motivation, des sourires et de la persévérance chez mes élèves de ce2 et le lien avec eux est devenu tellement fort que j ai même moi retrouvé de la motivation à enseigner…Les élèves sont en plus calmes et ont fait des progrès en vraiment peu de temps…donc oui sa méthode marche…mais il faut être prêt à remettre en question son enseignement et surtout se remettre en question….là reste à savoir qui est prêt à le faire!!!

  9. On oublie de dire qu’elle bossait soir et week end de manière bénévole (sans doute avait-elle prévu de se refaire dès le départ en vendant plus tard sa méthode).
    Le rythme était peut être tenable sur deux trois années, certainement pas sur une carrière…

  10. Personnellement, j’ai lu les Lois Naturelles de l’Enfant, et je trouve que ces critiques sont infondées.

    Première critique : manque de communication
    -> elle explique comment elle a du se battre contre l’inertie du système, qui ne cherche clairement pas à s’améliorer de lui-même.

    Deuxième critique : j’ai la solution, la voici
    -> c’est faux, elle répète plusieurs fois dans son livre qu’elle propose UNE vision possible, pas la solution ultimement parfaite.
    Elle insiste sur le fait que ses solutions sont vouées, comme celles de Maria Montessori, à être améliorées avec le temps.

    Troisième critique : réussite d’une expérience reposant sur l’accès à des moyens importants
    -> cela est plutôt vrai; d’un autre côté, elle dit aussi qu’avec un environnement en réalité plus simple, plus proche de la nature, on ferait mieux.
    C’est à cause du confinement lié à la vie citadine qu’on est obligé de remettre des moyens pour aider les enfants à trouver des ouvertures pour leur esprit.

    Quatrième critique : création d’attentes de la part des parents auxquelles le système scolaire actuel ne peut répondre
    -> cette critique est je pense la plus déplorable; preuve que le système n’est bon qu’à tirer tout le monde vers le bas.

    Cinquième critique : critiques envers les enseignants
    -> faux, elle montre du doigt un SYSTÈME basé sur la compétition qui n’a fondamentalement pas bougé depuis Napoléon.
    Ailleurs, des systèmes ont remplacé la compétition par la collaboration et on obtenu de superbes résultats.
    Mon avis personnel est que c’est un système qui convient bien à l’élite car il lui permet de se reproduire sans inquiétude.

    Sixième critique : un travail isolé qui ne colle pas à la réalité
    -> elle dénonce précisément le directives venant d’en haut et qui ne tiennent pas compte des progrès de la recherche neuro-scientifique, linguistique, etc.
    C’est l’obsolescence du système actuel qui l’a conduite à faire cavalier (presque) seule.
    En réalité, elle a eu l’appui de plusieurs personnes, dont l’actuel Ministre de l’Éducation.

    Septième critique : halte aux contes de fées
    -> visions ineptes et cyniques de personnes incapables de changement. A jeter.
    Des gens qui clairement se sont fait une idée du travail de C. Alvarez sans l’étudier vraiment, et en parlent avec le dogmatisme le plus grossier.

    Huitième critique : profiter d’un tremplin pour vendre son bouquin
    -> un procès d’intention inutile; personnellement je crois plutôt que la vente de son livre est un tremplin pour initier le changement dont nous avons besoin,
    et qui opère déjà depuis plusieurs années dans d’autres pays moins conservateurs et élitistes. Et par « élitistes », je veux dire: « ségrégationnistes ».

    Neuvième critique : sa méthode et son livre : rien de nouveau sous le soleil
    -> critique ridicule puisque l’auteur affirme qu’elle entend s’appuyer pleinement sur le travail de M. Montessori.
    Que les acquis des sciences cognitives soient douteux pour certains, c’est une autre question.
    Qui n’est sans doute pas à laisser à des non- ou faux- scientifiques.

    Dixième critique : manque de données scientifiques
    -> il en manque mais il y en a. Il en manque, par manque de moyens.
    Pas parce qu’il n’est pas possible d’obtenir des évaluations scientifiques de son travail.

    Onzième critique : le profil personnel de la principale intéressée
    -> il est vrai qu’une personne de talent fait tâche dans une administration poussiéreuse;
    et je parle bien de l’étage administratif, pas des nombreux instituteurs qui sont pleinement impliqués, eux.

    Douzième critique : crainte que le succès rencontré émane de la principale intéressée
    -> ce qui est certain, c’est que l’échec de beaucoup d’enfants émane de manière certaine de tous les conservateurs qui n’ont rien d’autre à proposer qu’une critique de quelqu’un qui a travaillé dur à tenter – avec succès !! – autre chose.

  11. Lire, savoir compter, savoir s’exprimer, l’enseignant peut s’en occuper ! Le respect, l’écoute, savoir obéir, c’est pour les parents !

  12. Des critiques qui sont vides… Merci à Céline Alvarez pour le courage dont elle fait preuve!
    Quand-est-ce qu’on recommence tout à zéro et ce dès la maternelle! Le temps presse, l’école bousille les enfants, les enseignants sont mal formés et ceux qui réussissent le concours ne seront pas forcement les meilleurs enseignants!
    Enseigner et être en contact avec des enfants nécessitent d’avoir fait un gros travail sur soi…!

  13. J’ai enseigné 43 ans en maternelle, j’ai été maître formateur pour les futurs enseignants. Je ne trouve pas que Mme Alvarez dise des âneries, bien au contraire. Elle a, de plus, l’honnêteté de filmer sa classe, ce qui n’est vraiment pas facile. On a eu une école maternelle de qualité il y a plus de 20 ans, qui a été peu à peu mise à mal sous la pression des évaluations et de la primarisation. On a oublié ce qu’était le développement d’un jeune enfant, et Mme Alvarez ouvre un débat qui est plus que nécessaire. N’oublions pas que les écoles privées de Shangaï, à 2000 euros par mois, ne prônent rien d’autre que cette façon d’enseigner! A méditer…

  14. L’animal blessé attaque et mord…réaction de défense.
    Aujourd’hui, les vieux schémas autoritaires et paternalistes ne fonctionnent plus. Céline Alvarez a le mérite de porter ce que d’autres pays développent depuis longtemps : Une vision de l’enfant…petit bol vide qu’il faut remplir ou fantastique « machine » à apprendre ! Dans la France cartésienne, il faut des preuves scientifiques, alors 100 ans après Montessori et d’autres, en voilà des faits scientifiques…(action des hormones etc…)
    L’Education Nationale ferme des classes, le privé en ouvre…tranquillement, avec ces méthodes dites actives.
    Pourquoi ? Pour qui ?…
    Pourquoi continuer à apprendre aux élèves qu’il faut attendre, ne pas prendre d’initiatives, ne parler que pour donner les bonnes réponses…
    Tous ces « enseignants auteurs » ont il essayés ? ont ils vu ? que cherchent-ils ?
    J’ai vu faire à l’étranger (Scandinavie), J’ai expérimenté en France et je suis convaincu…
    A bon entendeur !!!

  15. Les critiques 3, 10 et 12 me semblent recevables, les autres me semblent toutes de mauvaise foi ou relever du sophisme.
    Je répondrais à la critique 3 en disant qu’il n’est pas choquant qu’un prototype coûte plus cher qu’une version de série. Et si les résultats sont à la hauteur, l’investissement sera rentabilisé. Pour la critique 10, il suffirait de reproduire l’expérience avec un peu plus de suivi, mais étrangement l’Education Nationale ne semble pas en prendre la direction. Quant à la critique 12, je me demande bien quels résultats obtiennent les enseignants mettant en pratique des méthodes inspirées de celles de Céline Alvarez.

    Au bout du compte, je trouve que l’on manque de données pour se forger réellement un avis, tant pour l’encenser que pour la critiquer. Mais clairement ça donne envie d’essayer sa méthode. Et puis c’est pas comme si le système actuel était réellement satisfaisant !

  16. Je suis entrain de lire le livre, je le trouve passionnant. Étant éducatrice de jeunes enfants j’ai appris l’observation… Je travaille depuis longtemps en temps qu’assistante maternelle et je pense appliquer ses principes depuis longtemps. J’apprécie de les voir regroupés dans un livre. …… Hasard sans doute, mes 4 enfants ont appris seuls à lire avant le Cp … sans matériel spécifique, nous avons juste répondu à toutes leurs demandes.
    Le premier étant passionné par la mythologie a transmis toutes ses connaissances de façon informelle aux plus jeunes…….
    Céline Alvarez détient l’arme absolue contre l’échec scolaire, le manque d’empathie et de reconnaissance de générations alors en France on ne l’écoute pas, ailleurs ont lui demande d’aider à appliquer à grande échelle….

  17. Oui il faut changer… mais c’est à dire un enseignant pour 12 élèves en maternelle et des équipements à la hauteur… 10K€ par classe d’investissement minimum…

  18. Personnellement, Céline Alvarez m’a fait connaître la méthode Montessori, et maintenant je lis les ouvrages de Maria Montessori, sa pédagogie et je m’appuie sur les travaux de ses 2 dames pour inter-agir à mon niveau auprès des enfants. (je suis ATSEM). Souvent, je trouvais les cours et les propos inadaptés dans ce monde de l’enfance, mais maintenant avec ce nouvel éclairage, ces méthodes semblent évidentes. Je suis de votre avis, Christian Pasco, je vois beaucoup de jalousies dans ces critiques et également de problèmes d’égo : c’est difficile de se remettre en question. Oui, il faut des moyens, mais lorsque je vois tout le matériel qui est commandé dans notre école avec le gros budget de la mairie, il pourrait servir à acheter ce type de matériel. J’y vois aussi, la perte de repères de certains enseignants, qui, pour répondre à une critique, non, ne sont pas si enclins que cela à travailler en équipe. Beaucoup d’enseignants, sont « enfermés » dans leur classe, où ils sont « tout puissant ». Avoir plusieurs classes « Montessori », dans une école demande une vraie formation mais surtout une vraie coopération et un partage des locaux hors de la classe, un échange sur les problèmes rencontrés et une coopération pour les régler. Or, chacun se cloître dans sa classe, se dispute son ATSEM, dont on dispose comme d’un pion. Les enfants sont malmenés tout au long de la journée, on leur reproche leur éducation (comme si c’était leur faute!) et on accuse les parents au lieu de trouver ensemble des solutions et de l’aide. Moi, je dis « Merci » à Céline Alvarez, d’avoir remis au goût du jour une méthode qui vise une éducation de la personne humaine et l’avenir de la PAIX pour l’humanité. (cf.L’éducation et la paix. Maria Montessori).

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